Le Diagnostic Technique Global : la radiographie complète de votre copropriété
Le Diagnostic Technique Global (DTG) est l'outil de pilotage stratégique le plus important dont dispose une copropriété. Instauré par la loi ALUR du 24 mars 2014, il fournit un état des lieux complet de l'immeuble — structure, équipements, performance énergétique, conformité réglementaire — et établit un plan de travaux chiffré sur 10 ans.
Pourtant, le DTG reste méconnu et sous-utilisé. De nombreuses copropriétés le perçoivent comme une dépense inutile, alors qu'il constitue la base rationnelle de toute décision de travaux. Sans DTG, les AG votent les travaux au cas par cas, dans l'urgence, sans vision d'ensemble. Avec un DTG, la copropriété dispose d'une feuille de route à 10 ans, articulée avec le fonds de travaux et le Plan Pluriannuel de Travaux (PPT).
Ce guide couvre tout : le cadre légal (cas obligatoires et facultatifs), le contenu détaillé du diagnostic (6 volets), les professionnels habilités, le déroulement de la mission, le coût et son financement, l'articulation avec le PPT et le fonds de travaux, le DTG en cas de vente, et les bonnes pratiques pour en tirer le meilleur parti.
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Essayer gratuitementLe cadre légal : articles L731-1 à L731-5 du CCH
L'origine : la loi ALUR du 24 mars 2014
Le DTG a été créé par l'article 58 de la loi ALUR (loi n°2014-366), qui a introduit les articles L731-1 à L731-5 dans le Code de la construction et de l'habitation (CCH). L'objectif du législateur était double :
- Donner aux copropriétaires une vision objective de l'état de leur immeuble — Trop de copropriétés ignoraient l'état réel de leur bâtiment jusqu'à ce qu'un sinistré ou une urgence impose des travaux coûteux et mal planifiés
- Alimenter le Plan Pluriannuel de Travaux (PPT) — Le DTG fournit la base technique et financière nécessaire pour élaborer un programme cohérent de travaux sur 10 ans, lui-même articulé avec le fonds de travaux
Le renforcement par la loi Climat et Résilience (2021)
La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a considérablement renforcé le rôle du DTG en rendant le Plan Pluriannuel de Travaux (PPT) obligatoire. Le PPT s'appuie sur un DTG ou une analyse technique équivalente, ce qui rend de facto le DTG indispensable pour les copropriétés qui doivent élaborer leur PPT :
- Depuis le 1er janvier 2023 : PPT obligatoire pour les copropriétés de plus de 200 lots
- Depuis le 1er janvier 2024 : PPT obligatoire pour les copropriétés de 51 à 200 lots
- Depuis le 1er janvier 2025 : PPT obligatoire pour toutes les copropriétés de plus de 15 ans
Les cas où le DTG est obligatoire
Le DTG est légalement obligatoire dans trois situations :
1. Mise en copropriété d'un immeuble de plus de 10 ans (article L731-4)
- Quand un immeuble entier (monopropriété) est découpé en lots de copropriété
- Le DTG doit être réalisé avant la première vente d'un lot après mise en copropriété
- L'objectif est d'informer les futurs copropriétaires de l'état réel du bâtiment avant qu'ils n'achètent
- Le coût est à la charge du vendeur (le propriétaire d'origine qui met en copropriété)
2. Copropriété faisant l'objet d'un plan de sauvegarde (article L731-5)
- Les copropriétés en grande difficulté, placées sous plan de sauvegarde par le préfet
- Le DTG permet d'évaluer l'ampleur des travaux nécessaires pour redresser la copropriété
- Le coût peut être pris en charge par l'ANAH ou les collectivités dans le cadre des dispositifs de soutien
3. Copropriété en procédure d'insalubrité ou de péril
- Arrêté de péril ou d'insalubrité pris par le maire ou le préfet
- Le DTG constate l'état du bâtiment et identifié les travaux d'urgence et de remise en état
Le DTG facultatif : le vote en AG
En dehors des cas obligatoires, l'AG peut décider de réaliser un DTG à la majorité de l'article 24 (majorité simple des voix exprimées). Le syndic doit inscrire la question du DTG à l'ordre du jour de l'AG au moins une fois.
Quand est-il fortement recommandé ?
- Immeuble de plus de 15 ans — Les premiers désordres significatifs apparaissent (étanchéité, canalisations, équipements)
- Avant des travaux importants — Le DTG identifié les priorités et évite de rénover un poste en oubliant un autre plus urgent
- Avant l'élaboration du PPT — Le DTG fournit les données techniques nécessaires pour chiffrer le plan de travaux
- Après un sinistré majeur — Incendie, inondation, mouvement de terrain : le DTG évalue l'étendue des dommages
- En cas de conflits récurrents sur l'état du bâtiment — Le DTG fournit un diagnostic objectif qui tranche les débats
- Avant une mise en vente massive — Si plusieurs copropriétaires vendent en même temps, un DTG récent rassure les acquéreurs
Le contenu du DTG : les 6 volets obligatoires
Volet 1 : L'analyse de l'état apparent des parties communes et équipements
C'est le cœur du DTG — un examen visuel méthodique de l'ensemble du bâtiment :
Structure et gros œuvre :
- Fondations (signes de tassement, fissures en sous-sol)
- Murs porteurs et façades (fissures, décollement d'enduit, infiltrations)
- Planchers (déformations, fissures, traces d'humidité)
- Charpente et couverture (état des bois, tuiles/ardoises, gouttières)
- Étanchéité des toitures terrasses (vétusté des membranes, stagnation d'eau)
- Joints de dilatation (intégrité, vieillissement)
Parties communes intérieures :
- Halls d'entrée, couloirs, escaliers (état des revêtements, éclairage, sécurité)
- Caves et sous-sols (humidité, ventilation, état des canalisations)
- Locaux techniques (chaufferie, local poubelles, local vélos)
- Garages et parkings (état du sol, ventilation, éclairage, portails)
Équipements collectifs :
- Ascenseur (état, conformité aux normes, carnet d'entretien)
- Chauffage/ECS (chaudière, réseaux, régulation, comptage)
- Ventilation (VMC, conduits, bouches d'extraction)
- Réseaux d'eau (canalisations, vannes, compteurs)
- Électricité parties communes (armoires, éclairage, sécurité)
- Interphone, digicode, vidéosurveillance
- Espaces verts et clôtures
Méthodologie : l'expert procède par inspection visuelle non destructive. Il note chaque élément sur une échelle de 1 (bon état) à 4 (désordre grave nécessitant une intervention urgente). Des investigations complémentaires (sondages, prélèvements) peuvent être recommandées si des doutes subsistent.
Volet 2 : L'état de la situation du syndicat au regard de ses obligations légales et réglementaires
Ce volet vérifie la conformité réglementaire de la copropriété :
| Domaine | Obligations vérifiées | Conséquence si non conforme |
|---|---|---|
| Sécurité incendie | Désenfumage, portes coupe-feu, extincteurs, plans d'évacuation, éclairage de sécurité | Mise en demeure du maire, responsabilité du syndic |
| Ascenseur | Contrôle technique quinquennal, mise en conformité (décret 2004) | Fermeture de l'ascenseur, responsabilité pénale |
| Amiante | DTA (Dossier Technique Amiante), repérages, plan de gestion | Mise en demeure préfectorale, sanctions pénales |
| Plomb | CREP (Constat de Risque d'Exposition au Plomb) dans les parties communes | Obligation de travaux si plomb accessible > seuil |
| Électricité | Conformité de l'installation électrique des parties communes | Risque d'incendie, responsabilité du syndic |
| Accessibilité PMR | Ad'AP (Agenda d'Accessibilité Programmée) si ERP en RDC | Sanctions administratives |
| Ravalement | Obligation décennale (Paris, certaines communes) | Injonction de ravaler, astreinte financière |
| Assainissement | Conformité du raccordement au réseau collectif | Pénalité doublée sur la redevance |
Utilité : ce volet révèle souvent des non-conformités ignorées par le syndic et le conseil syndical. Le DTG les identifié, permettant de régulariser avant qu'une mise en demeure administrative n'intervienne.
Volet 3 : L'analyse des améliorations possibles de la gestion technique et patrimoniale
Le diagnostiqueur formule des recommandations d'optimisation :
- Contrats d'entretien : le contrat d'ascenseur est-il adapté ? Le contrat de chauffage est-il optimisé (P1, P2, P3) ? Le nettoyage est-il bien dimensionné ?
- Gestion des sinistrés : le taux de sinistralité est-il normal ? Les déclarations sont-elles bien suivies ? L'assurance est-elle adaptée ?
- Suivi des équipements : un carnet d'entretien est-il tenu à jour ? Les interventions sont-elles tracées ? Les garanties sont-elles suivies ?
- Organisation : le conseil syndical est-il actif ? Les archives sont-elles bien tenues ? La communication avec les copropriétaires est-elle efficace ?
Volet 4 : Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) collectif ou l'audit énergétique
Le DTG intègre obligatoirement une évaluation de la performance énergétique du bâtiment :
Ce que comprend le DPE collectif :
- Consommation énergétique — Énergie primaire en kWh/m²/an pour le chauffage, l'eau chaude, la climatisation, l'éclairage et la ventilation
- Émissions de gaz à effet de serre — En kg CO₂/m²/an
- Étiquette énergie — Classement de A (très performant) à G (passoire thermique)
- Étiquette climat — Classement de A à G selon les émissions de GES
- Description du bâti — Année de construction, matériaux, isolation existante, type de vitrage
- Description des équipements — Type de chauffage, production ECS, ventilation, éclairage
- Recommandations — Scénarios de rénovation avec estimation des gains énergétiques et des coûts
DPE collectif vs audit énergétique :
| Critère | DPE collectif | Audit énergétique |
|---|---|---|
| Profondeur d'analyse | Standardisée, méthode 3CL | Approfondie, thermographie, mesures in situ |
| Scénarios de travaux | Recommandations générales | Scénarios chiffrés détaillés (3 à 5 scénarios) |
| Coût | 1 500-3 000 € | 5 000-15 000 € |
| Obligatoire pour | Tous les bâtiments (vente, location) | Copropriétés classées F ou G (passoires thermiques) |
| Utilité pour le PPT | Base minimale | Base idéale — scénarios directement exploitables |
Recommandation : pour les copropriétés classées D, E, F ou G, privilégiez l'audit énergétique plutôt que le simple DPE. Il coûte plus cher mais fournit des scénarios de travaux directement exploitables pour le PPT et les demandes de subvention (MaPrimeRénov' Copro exige un audit).
Volet 5 : L'évaluation sommaire du coût des travaux nécessaires sur 10 ans
C'est le volet le plus attendu et le plus stratégique — la synthèse financière du DTG :
Ce qu'il contient :
- Liste des travaux identifiés — Tous les travaux nécessaires, classés par bâtiment et par lot technique (structure, toiture, façade, réseaux, équipements, énergie)
- Niveau de priorité — Chaque intervention est classée :
- Urgence (0-2 ans) : désordres mettant en danger la sécurité ou aggravant les dégradations si non traités (fuite de toiture, ascenseur non conforme)
- Court terme (2-5 ans) : travaux de maintenance préventive dont le report augmenterait les coûts (ravalement avant dégradation profonde)
- Moyen terme (5-10 ans) : renouvellement d'équipements en fin de vie, amélioration énergétique planifiée
- Estimation budgétaire — Chaque poste est chiffré avec une fourchette (estimation basse / haute) basée sur les prix du marché
- Synthèse financière — Coût total sur 10 ans, ventilation par année ou par période
Exemple de synthèse financière DTG :
| Travaux | Priorité | Estimation basse | Estimation haute |
|---|---|---|---|
| Réfection étanchéité toiture terrasse | Urgence (1 an) | 45 000 € | 65 000 € |
| Mise en conformité ascenseur | Urgence (2 ans) | 30 000 € | 50 000 € |
| Ravalement façades | Court terme (3 ans) | 120 000 € | 180 000 € |
| Remplacement chaudière collective | Court terme (4 ans) | 60 000 € | 90 000 € |
| Réfection canalisations EU/EV | Moyen terme (6 ans) | 80 000 € | 120 000 € |
| ITE + isolation toiture | Moyen terme (7 ans) | 200 000 € | 300 000 € |
| Remplacement VMC | Moyen terme (8 ans) | 25 000 € | 40 000 € |
| Total sur 10 ans | 560 000 € | 845 000 € |
Impact : cette synthèse permet de calibrer le fonds de travaux. Si le PPT retient 700 000 € de travaux, le fonds doit accumuler au minimum 2,5 % × 700 000 = 17 500 €/an, voire 50 % soit 35 000 €/an pour couvrir la moitié du coût.
Volet 6 : La liste des travaux nécessaires à la sauvegarde de l'immeuble
Ce volet identifié spécifiquement les travaux urgents et indispensables à la sécurité et à la conservation de l'immeuble :
- Travaux de mise en sécurité (risque d'effondrement, chute de matériaux, incendie)
- Travaux de sauvegarde du bâti (stopper une infiltration qui dégrade la structure)
- Travaux ne pouvant pas être différés sans aggravation des désordres
Ces travaux peuvent être engagés par le syndic sans vote en AG s'ils relèvent de l'urgence (article 18 de la loi de 1965) ou doivent être votés à l'AG suivante avec une présentation du DTG à l'appui.
Les professionnels habilités
Qui peut réaliser un DTG ?
Le DTG doit être réalisé par un professionnel qualifié justifiant de compétences en bâtiment et en énergie (article L731-1 du CCH) :
- Architectes — Inscrits à l'Ordre des architectes. Compétence globale sur le bâti, la structure et la conformité réglementaire
- Bureaux d'études techniques (BET) — Spécialisés en structure, fluides, thermique. Compétence technique approfondie sur les équipements
- Diagnostiqueurs immobiliers certifiés — Certifiés par un organisme accrédité COFRAC. Compétence DPE et diagnostics réglementaires
- Thermiciens / ingénieurs énergie — Pour le volet performance énergétique et les scénarios de rénovation
En pratique : le DTG complet nécessite des compétences pluridisciplinaires. Il est souvent réalisé par un groupement : un architecte pour le bâti + un BET thermique pour l'énergie + un diagnostiqueur pour les diagnostics réglementaires (amiante, plomb, électricité).
Les garanties à exiger
- Assurance responsabilité civile professionnelle — Obligatoire, couvrant les conséquences d'un diagnostic erroné
- Certifications — DPE, amiante, plomb, électricité selon les volets réalisés
- Références — Demandez des exemples de DTG réalisés sur des copropriétés similaires (taille, âge, type de chauffage)
- Indépendance — Le diagnostiqueur ne doit avoir aucun lien avec les entreprises susceptibles de réaliser les travaux préconisés. L'indépendance garantit l'objectivité du diagnostic
Le déroulement de la mission
Phase 1 : La préparation (2-4 semaines)
Avant toute visite sur site, le diagnostiqueur collecte et analyse les documents techniques de la copropriété :
- Règlement de copropriété et état descriptif de division
- Plans de l'immeuble (si disponibles)
- Diagnostics existants (DPE, amiante, plomb, électricité, gaz)
- Carnet d'entretien de l'immeuble
- Contrats d'entretien en cours (ascenseur, chauffage, VMC, nettoyage)
- Factures d'énergie des 3 dernières années (gaz, électricité, fioul)
- PV des 3 dernières AG (pour connaître les travaux votés et réalisés)
- Sinistrés déclarés et travaux réalisés dans les 10 dernières années
Phase 2 : La visite sur site (1-3 jours selon la taille)
Le diagnostiqueur procède à une inspection visuelle exhaustive :
- Extérieur : façades (4 orientations), toiture (visite si accessible), soubassements, espaces extérieurs, clôtures, voiries privées
- Parties communes intérieures : halls, escaliers, couloirs, paliers (chaque étage), caves, sous-sols, garages, locaux techniques
- Équipements : chaufferie (inspection détaillée), machinerie d'ascenseur, armoires électriques, locaux VMC, compteurs
- Échantillon de lots privatifs — Visite de 10 à 20 % des logements (avec accord des occupants) pour évaluer l'état des fenêtres, des radiateurs, de la ventilation et repérer d'éventuels désordres intérieurs liés aux parties communes
Outils utilisés : appareil photo (documentation systématique), caméra thermique (détection des ponts thermiques et déperditions), hygromètre (mesure de l'humidité), télémètre laser (mesures dimensionnelles), endoscope (inspection des conduits si nécessaire).
Phase 3 : L'analyse et la rédaction (3-6 semaines)
Le diagnostiqueur compile les observations, croise les données documentaires et les constats terrain, puis rédige le rapport :
- Fiches de constat — Chaque désordre ou non-conformité est décrit, photographié, localisé et évalué en gravité
- Cotation de l'état — Chaque lot technique reçoit une note globale permettant de prioriser les interventions
- Chiffrage des travaux — Sur la base de métrés estimatifs et des prix du marché local
- Synthèse et recommandations — Présentation hiérarchisée des priorités avec un calendrier prévisionnel
Phase 4 : La restitution (1 réunion)
Le diagnostiqueur présente ses conclusions au conseil syndical et/ou en AG :
- Synthèse des constats (points forts et points faibles de l'immeuble)
- Travaux urgents à engager sans attendre
- Plan de travaux sur 10 ans avec priorisation
- Impact financier pour les copropriétaires
- Réponses aux questions des copropriétaires
Le coût du DTG et son financement
Les facteurs de coût
| Taille de la copropriété | Fourchette de prix | Prix indicatif par lot |
|---|---|---|
| Petite (10-20 lots) | 4 000 - 8 000 € | 300 - 500 €/lot |
| Moyenne (20-50 lots) | 8 000 - 15 000 € | 200 - 400 €/lot |
| Grande (50-100 lots) | 12 000 - 25 000 € | 150 - 300 €/lot |
| Très grande (> 100 lots) | 20 000 - 40 000 € | 100 - 250 €/lot |
Variables influençant le prix :
- Nombre de bâtiments — Multi-bâtiments = plus cher (inspection de chaque bâtiment)
- Âge et complexité — Immeuble ancien avec amiante, plomb, structure complexe = surcoût diagnostic
- Équipements — Ascenseur, chauffage collectif, parking souterrain ajoutent des postes d'inspection
- Inclusion de l'audit énergétique — Un audit complet (au lieu du simple DPE) ajoute 3 000-8 000 €
- Zone géographique — Paris et Île-de-France : +20 à +30 % par rapport à la province
Le financement
- Budget courant : le DTG peut être inscrit au budget prévisionnel comme charge exceptionnelle, voté en AG à la majorité de l'article 24
- Fonds de travaux : depuis la loi Climat et Résilience, le DTG réalisé en vue de l'élaboration du PPT peut être financé par le fonds de travaux (si l'AG l'autorise)
- Aides publiques :
- MaPrimeRénov' Copropriétés — L'audit énergétique (volet 4 du DTG) peut être subventionné dans le cadre d'un projet de rénovation globale
- Aides ANAH — Pour les copropriétés en difficulté (plan de sauvegarde, OPAH-copropriétés dégradées)
- Aides locales — Certaines communes et métropoles subventionnent le DTG (Paris, Lyon, Bordeaux, Marseille…). Renseignez-vous auprès de l'ADIL de votre département
- Appel exceptionnel : si le fonds de travaux est insuffisant et le budget courant ne le permet pas, un appel de fonds exceptionnel peut être voté
Amortissement : un DTG de 12 000 € pour une copropriété de 50 lots revient à 240 € par lot, soit 24 € par lot et par an sur 10 ans. C'est dérisoire comparé aux économies réalisées grâce à une planification rationnelle des travaux (évitement des urgences coûteuses, optimisation des interventions).
L'articulation DTG – PPT – Fonds de travaux
Le triptyque vertueux
Les trois dispositifs forment un système cohérent de gestion patrimoniale :
- Le DTG diagnostique — Il identifié l'état du bâtiment, les non-conformités, les travaux nécessaires et leur coût estimé
- Le PPT planifie — Il organise les travaux identifiés par le DTG dans un programme sur 10 ans, avec un calendrier et un budget prévisionnel
- Le fonds de travaux finance — Il accumule les ressources nécessaires pour réaliser les travaux prévus par le PPT, en lissant l'effort financier
Sans DTG : le PPT est élaboré « à l'aveugle », sans base technique fiable. Les estimations sont imprécises, les priorités mal définies.
Sans PPT : le DTG reste un document d'information sans traduction opérationnelle. Les travaux sont votés au coup par coup.
Sans fonds de travaux : le PPT reste un plan sans financement. Les travaux sont repoussés faute de trésorerie.
Le calendrier idéal
| Étape | Délai | Action |
|---|---|---|
| AG année N | T0 | Vote du DTG (majorité art. 24) + choix du prestataire |
| Réalisation DTG | T0 + 3-6 mois | Inspection, analyse, rapport |
| Présentation DTG | T0 + 6-8 mois | Restitution au conseil syndical puis en AG |
| Élaboration PPT | T0 + 8-12 mois | Traduction du DTG en plan de travaux sur 10 ans |
| AG année N+1 | T0 + 12 mois | Vote du PPT + ajustement du fonds de travaux |
| Mise en œuvre | T0 + 12-24 mois | Lancement des premiers travaux urgents |
Le DTG en cas de vente
L'information de l'acquéreur
Depuis la loi ALUR, l'acquéreur d'un lot de copropriété reçoit un dossier complet d'information qui inclut :
- Le DTG s'il a été réalisé (obligatoire s'il existe)
- Le PPT s'il a été adopté
- L'état du fonds de travaux
- Les PV des 3 dernières AG
- Le carnet d'entretien
Impact sur la décision d'achat :
- Un DTG rassurant (immeuble en bon état, travaux planifiés et financés) valorise le bien
- Un DTG révélant des travaux importants non provisionnés peut faire baisser le prix ou dissuader l'acquéreur
- L'absence de DTG dans une copropriété de plus de 20 ans est un signal d'alerte pour un acquéreur averti
L'obligation en cas de mise en copropriété
Quand un immeuble de plus de 10 ans est mis en copropriété, le DTG est obligatoire avant la première vente. Le vendeur (propriétaire unique qui divise) doit le faire réaliser à ses frais et le remettre au notaire. L'acquéreur a ainsi une vision complète de l'état du bâtiment avant d'acheter un lot dans une copropriété nouvellement créée.
Les cas particuliers
La copropriété multi-bâtiments
Dans une copropriété composée de plusieurs bâtiments :
- Le DTG porte sur l'ensemble des bâtiments et des parties communes
- Le rapport distingue les constats et les travaux par bâtiment
- Le coût est plus élevé (chaque bâtiment nécessite une inspection complète)
- Le PPT qui en découle peut prévoir des travaux différents selon les bâtiments, avec des clés de répartition des charges adaptées
La copropriété avec locaux commerciaux
- Le DTG couvre les parties communes accessibles, y compris celles desservant les commerces
- Les locaux commerciaux eux-mêmes ne sont pas inspectés (ce sont des parties privatives)
- Les travaux identifiés sont répartis selon les tantièmes, y compris aux propriétaires de locaux commerciaux
Le DTG et l'immeuble classé ou inscrit
- Le DTG d'un immeuble classé au titre des monuments historiques doit intégrer les contraintes architecturales
- Les travaux préconisés doivent respecter les prescriptions de l'Architecte des Bâtiments de France (ABF)
- Le surcoût lié aux matériaux et techniques imposés doit être pris en compte dans les estimations
Le DTG et les copropriétés en difficulté
Pour les copropriétés fragiles ou en difficulté :
- Le DTG est obligatoire pour les copropriétés sous plan de sauvegarde ou en administration provisoire
- Il est financé par l'ANAH dans le cadre des programmes OPAH-Copropriétés dégradées
- L'administrateur provisoire peut le commander sans vote en AG
- Le DTG sert de base au plan de redressement : quels travaux d'urgence pour sécuriser et stabiliser l'immeuble
Les erreurs fréquentes à éviter
Erreur 1 : choisir le prestataire le moins cher
Un DTG bâclé est pire que pas de DTG du tout. Un diagnostic insuffisant passe à côté de désordres graves, sous-estime les coûts, et conduit à un PPT inadapté. Comparez les offres sur la méthodologie, les compétences mobilisées et les références, pas uniquement sur le prix.
Erreur 2 : ne pas exploiter le DTG
Trop de copropriétés commandent un DTG, le présentent en AG puis le rangent dans un tiroir. Le DTG doit déboucher sur un PPT et sur des décisions concrètes : ajustement du fonds de travaux, vote des travaux urgents, lancement d'appels d'offres.
Erreur 3 : confondre DTG et simple DPE
Le DPE ne porte que sur la performance énergétique. Le DTG couvre l'ensemble du bâtiment (structure, équipements, conformité, énergie). Un DPE seul ne suffit pas pour élaborer un PPT complet — il ne dit rien sur l'état de la toiture, des canalisations ou de l'ascenseur.
Erreur 4 : ne pas donner accès aux documents
Le diagnostiqueur a besoin des plans, contrats, factures et PV pour travailler efficacement. Si le syndic ne fournit pas les documents, le DTG sera incomplet et le diagnostiqueur devra formuler des réserves, réduisant la valeur du rapport.
Erreur 5 : ne pas mettre à jour le DTG
Un DTG de 10 ans est obsolète. Des travaux ont été réalisés, de nouveaux désordres sont apparus, la réglementation a évolué. Actualisez le DTG tous les 10 ans, ou après tout événement majeur (sinistré, gros travaux, changement de réglementation).
Le numérique au service du DTG
Du DTG papier au suivi numérique
Le DTG produit un rapport de 50 à 200 pages — dense, technique, difficile à exploiter au quotidien. Un outil numérique permet de transformer ce rapport statique en tableau de bord dynamique :
- Numérisation des constats — Chaque désordre est enregistré avec sa localisation, sa gravité, ses photos et son évolution dans le temps
- Suivi de l'avancement du PPT — Travaux votés, en cours, terminés — en un coup d'œil
- Alertes et rappels — Travaux urgents non traités, contrats arrivant à échéance, échéances réglementaires
- Historique des interventions — Chaque travaux réalisé est lié au constat du DTG qui l'a prescrit, créant une traçabilité complète
- Mise à jour continue — Le DTG « vit » : les constats sont actualisés au fur et à mesure des interventions, sans attendre le prochain diagnostic complet
TheSyndic intègre le suivi du plan de travaux issu du DTG : calendrier prévisionnel, suivi budgétaire (fonds de travaux vs dépenses réalisées), archivage des devis et factures, et transparence pour les copropriétaires qui consultent l'état d'avancement depuis leur espace en ligne. Le syndic bénévole pilote sa copropriété avec la même rigueur qu'un professionnel.